consumérisme

Revenu de base, universel, garanti… Quelle Révolution ?

Ce texte est aussi une introduction à un second, concernant la proposition du salaire à vie de B. Friot.

L’ouverture d’une brèche ?

L’idée de garantir un revenu à tous, indépendamment de l’occupation d’un emploi, fait partie des propositions qui permettent d’interroger en profondeur un nombre conséquent des pseudo-évidences structurant les représentations et normes instituées. Défendre un droit au revenu, ce n’est pas seulement défendre la possibilité pour tous d’obtenir les moyens d’une vie décente, dans une société où la nourriture, les logements et toutes sortes de marchandises moins nécessaires abondent, mais où l’argent et le travail, mal distribués ou trop rare, manquent à beaucoup – si bien que finalement l’on jette en quantité nourriture et objets, et laissons inoccupés plus de logements qu’il n’y a de sans-domicile. Ce n’est pas seulement ré-affirmer que, puisque nous avons les moyens, nous avons le devoir de rendre effectifs les droits les plus fondamentaux, ceux qui garantissent la plus basique des sécurités, et les conditions les plus élémentaires de l’égalité ou de la liberté. Qu’il est insensé, et pour tout dire criminel de laisser le marché organiser la misère en valorisant le gaspillage, en simulant la rareté…. C’est aussi prendre acte du fait que la quantité de travail nécessaire pour (sur-)produire ce dont nous avons besoins ne justifie plus de conditionner l’accès au revenu à celui d’un emploi. Ainsi, la proposition d’un revenu garanti inconditionnel interroge le rôle et le statut du travail-emploi, et le place dans une perspective où les activités hors-marché, nombreuses et pour beaucoup socialement plus utiles, moins nuisibles que quantité d’emplois, sont prises en compte, et reconnues comme ayant une valeur qui, bien qu’extérieure au marché, est pourtant évidente sur le plan social, et probablement d’autant plus que justement, elle ne s’intègre pas à ce marché. (suite…)

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Castoriadis – Capitalisme et individus aliénés

L’imaginaire et les institutions liés au projet capitaliste étant considérés par Castoriadis comme autonomisés, il s’ensuit que la fabrication des individus par nos sociétés modernes est avant tout fabrication d’individus hétéronomes. L’hétéronomie des sociétés capitalistes n’est donc pas une stricte aliénation objective (de la même façon, d’ailleurs, que pour toutes autres sociétés hétéronomes) ; si les institutions liées au capitalisme peuvent être dites aliénantes et aliénées, ce n’est pas simplement en tant que les individus qu’elles concernent n’ont pas le pouvoir effectif de les transformer, mais aussi, et peut être surtout, en tant qu’ils adhèrent aux significations imaginaires qu’incarnent ces institutions. Quel est le « type anthropologique » que tend à fabriquer notre imaginaire social institué ? Une fois que l’on a décelé chez ce dernier le noyau de significations centrales de la maîtrise rationnelle d’une part, aboutissant à la hiérarchisation et la bureaucratisation de l’organisation sociale, et du critère économique d’évaluation et de valorisation d’autre part, l’analyse castoriadienne nous suggère qu’il s’agit d’ « un individu tout à fait particulier qui advient avec le capitalisme moderne » 1, et dont l’une des principales spécificités serait la tendance au conformisme et à la « privatisation »2. (suite…)