Castoriadis – L’individu hétéronome, ou l’aliénation subjective

L’hétéronomie d’une société, c’est-à-dire l’autonomisation des institutions et de l’imaginaire qui les soutient, une fois admis de manière générale la fabrication des individus sociaux par les sociétés, nous conduit à considérer cette fabrication dans le cadre d’une telle hétéronomie. Ainsi, selon Castoriadis, les sociétés placées dans la « clôture de leur significations imaginaires » et de leurs logiques, fabriquent « les individus en leur imposant les deux [clôture des significations et de la logique instituées] » en conséquence de quoi, elles fabriquent « donc, d’abord et surtout […], des individus clos »1. Cela signifie premièrement que les significations instituées portant en elles leurs caractères irrévocables et s’imposant comme Vérités inquestionnables, n’offrent pour “matière première” à la sublimation qu’un espace fermé, dont les frontières sont en principe infranchissables pour les psychés qui y sont immergées et les individus qui en résultent ; et qui ne sont en fait franchi, comme « transgression »2, qu’au prix d’une condamnation sociale (marginalisation, exclusion, réclusion et punition, etc., au titre de folie, hérésie, etc.). Pour autant, Castoriadis n’incline pas vers une analyse accordant à des structures sociales le monopole de la détermination de l’aliénation individuelle, l’hétéronomie consistant comme nous l’avons vu tout autant dans l’occultation de l’imaginaire instituant que dans sa résorption par l’institué, qui ne peut être que partielle et finalement tendance inertielle et reproductive de l’instituant comme conséquence de son auto-occultation. Autrement dit, l’optique sociologique ne suffit pas à rendre compte convenablement des problématiques soulevées par l’hétéronomie : sa dimension individuelle n’est pas le simple reflet ou la stricte répercussion de sa dimension collective et/ou objective, mais exige à l’inverse un nouveau retour aux perspectives psychanalytiques – du moins aux yeux de Castoriadis – en ce qu’apparaît clairement difficile et contestable la position simultanée du constat de l’auto-altération inhérente au social-historique d’une part et de l’aliénation individuelle comme détermination totale des individus d’autre part (d’autant plus lorsque l’on admet la dimension immaîtrisable de la psyché). L’enjeu est encore une fois de réfléchir l’aliénation sans reproduire les schémas simplificateurs qu’il attribut à la “pensée héritée”, et cela en refusant de poser ce concept comme désignant une condition indépassable de notre existence humaine – que ce soit notre corporéité, notre rapport aux autres, l’existence d’institutions et notre « inhérence » à l’histoire, où, comme nous allons maintenant en rendre compte, l’existence de l’inconscient et du « discours de l’Autre ».

L’individu hétéronome, clos ou aliéné, est pour Castoriadis celui qui s’est individué de telle façon que la remise en cause des normes et institutions sociales soit pour lui impossible. Dieu, pour les véritables judéo-chrétiens, ne peut être que Bon, en tant que ces deux termes coïncident pour ceux-ci en une même signification, se définissant l’un par l’autre, et rendant par conséquent la formulation “Dieu est injuste” ou encore “ le monde est injuste comme certes des possibilités incluses dans le langage, mais non véritablement dans la logique de celui-ci3. Une subjectivité aliénée sera ainsi celle qui adhérera, sans réflexion ou bien dans le cadre d’une réflexion préalablement bornée (existence de Dieu, validité et légitimité postulées des positions sociales ou des structures de pouvoirs, sacralisation d’un texte, etc. …) aux significations instituées et aux comportements induits. De ce fait, l’individu hétéronome est celui qui croit jouer son rôle en jouant le rôle dans lequel on l’a inséré – il est celui qui participe sans même véritablement le choisir et le vouloir4 à la reproduction de l’imaginaire institué et aux institutions qui l’incarnent, niant non seulement qu’elles s’altèrent ou qu’elles puissent s’altérer au cours du temps, mais encore et surtout qu’elles devraient être transformées, et à fortiori qu’elles devront toujours l’être de nouveau – conclusion pourtant inéluctable d’un investissement concret de la réflexivité5. Nous retrouvons l’emploi étymologique du terme hétéronomie, et de ce fait la justification de son usage pour spécifier cette analyse de l’aliénation : ne pas être à l’origine de ses propres lois, être normé par un nomos que l’on ne considère pas comme loi humaine mais auquel on adhère spontanément (en tant qu’individu socialisé) au titre de Loi véritable, dans et à partir duquel nous penserons et agirons, sans pouvoir le questionner, c’est-à-dire opérer un retour réflexif sur la valeur de nos valeurs et nos critères de valorisation. Il renvoie par conséquent à l’idée de la domination des individus par un imaginaire institué, qui n’est pas seulement posé par des institutions autonomisées ou au service d’une classe dominante, mais qui s’inscrit aussi dans le langage et plus profondément, bien que cela soit inséparablement lié6, dans le sens et les représentations que l’individu se forge de lui-même, des autres, etc., et par quoi il peut se définir comme individu particulier. Autrement dit, les sociétés hétéronomes fabriquent des individus hétéronomes non pas simplement en tant qu’elles les maintiennent dans un cadre coercitif sur lequel ils ne peuvent prétendre agir concrètement, mais principalement en ce que les individus se sont individués en investissant via la sublimation une vision du monde qui les affranchissent d’une interrogation en principe sans terme sur la Vérité et la Justice, en recouvrant l’abîme et en occultant l’origine toujours humaine, et rien de plus, de ce qui n’est que notre « imaginaire institué », notre société et notre histoire…

L’aliénation d’un individu concerne donc un rapport entre l’individu et la société, ou plus précisément, entre celui-ci et la mise en sens qu’elle réussit généralement à lui imposer ; et c’est de ce rapport qu’un rapport aliéné à soi-même surgit. En reprenant la discussion avec l’héritage intellectuel légué par la psychanalyse, et par Freud en particulier, Castoriadis dira que la dimension subjective de l’aliénation est la domination par le « discours de l’Autre »7, un discours « qui est en moi », qui « parle par moi », discours alors considéré comme équivalent à l’inconscient… Cela signifie par conséquent qu’il y aurait domination de l’inconscient sur le conscient, l’hétéronomie de l’individu renvoyant alors « à la loi d’un autre »,  « mais d’un autre en moi » et  « non pas d’un “autre Moi” inconnu »8. Or cette domination et régulation de la conscience par un discours qui n’est pas “mien”, mais qui n’est pas non plus véritablement su comme autre que “mien”, a pour incidence que « le sujet ne se dit pas, mais est dit par quelqu’un, existe donc comme partie du monde d’un autre » et est ainsi « dominé par un imaginaire vécu comme plus réel que le réel, quoique non su comme tel, précisément parce que non su comme tel »9. La dépossession visée par ce concept d’aliénation, pour reprendre le terme que S. Haber pose comme dénominateur commun des différents sens qui ont été attribué à la notion10, ne retient pas uniquement l’idée d’autonomisation des institutions, mais de l’imaginaire des individus lui-même. Celui-ci qui « s’est arrogé la fonction de définir pour le sujet et la réalité et son désir »11, implique que l’inconscient ne se réduise pas à désigner des “pulsions”, dont l’immaîtrise résumerait alors le phénomène de l’aliénation. Car en effet, il ne s’agit pas pour Castoriadis de prétendre que les pulsions ou les phantasmes puissent être éliminés au profit d’une conscience pure, qui soit transparence et contrôle intégral de soi – et cela ne saurait être le but ni du projet d’autonomie, ni même celui d’une psychanalyse12. Pas plus, d’ailleurs, que ce « discours de l’Autre en soi-même » puisse être entièrement et définitivement supprimé, et remplacé par un discours que l’on pourrait dire totalement sien. En reprenant le célèbre « adage de Freud » selon lequel « Wo Es war, soll Ich werde » qu’il traduit par « Où était Ça, Je doit devenir »13 et auquel il tente ainsi de donner un sens qui soit cohérent avec ses propres analyses, l’objectif n’est pas pour Castoriadis d’affirmer la nécessité d’une maîtrise de l’inconscient par la conscience, ce qu’il juge impossible14 ; et qu’il souligne sans équivoque en soutenant notamment que « l’on pourrait compléter la proposition de Freud par son inverse : Où je suis, Ça doit surgir »15. Si l’aliénation individuelle est comprise comme une modalité de notre rapport à l’imaginaire institué dans et par lequel nous pouvons nous exprimer, et donc de notre rapport au “discours de l’Autre” comme rapport de domination par celui-ci, le “Je” qui doit devenir tout en laissant surgir le “Ça” – justement parce qu’il ne peut “venir à bout” ni du discours de l’Autre, ni de son inconscient, et ne doit donc pas y prétendre ou s’y efforcer abstraitement – ne correspond pas pour Castoriadis à un « état achevé », mais à une « situation active »16. L’advenue du Je est donc selon lui impensable si l’on se réfère à un « Je pur », constitué une fois pour toute, et doit renvoyer au contraire « à une personne réelle, qui n’arrête pas son mouvement de reprise de ce qui était acquis, du discours de l’Autre, qui est capable de dévoiler ses phantasmes comme phantasmes et ne se laisse pas finalement dominer par eux », à moins, rajoute-il, « qu’elle ne le veuille bien »17. Aussi, l’aliénation du Je au Ça ne signifie pas qu’il y a aliénation parce que le Ça ou l’inconscient existe comme instance psychique des sujets humains, ou du fait de la position d’un imaginaire social sur lequel il s’appui ; ni non plus parce qu’il n’y aurait pas reprise critique exhaustive du discours de l’Autre, mais parce que l’individu n’interroge pas le discours qui le meut, ou interrompt le mouvement, la dynamique réflexive de la mise en question et de la reprise de ce discours de l’Autre, reprise qui apparaît de fait sans terme possible, ni direction assignable, ou que l’on puisse véritablement anticiper… C’est dire que cette conception de l’aliénation du sujet au “discours de l’Autre” (pris pour sien) n’a pas de véritable lien avec ce que des psychologues ont appelé l’aliénation mentale. Si cette dernière désigne un écart vis-à-vis de ce qui est évalué comme normal, et donc un disfonctionnement pathologique du rapport entre les instances psychiques, l’aliénation dont traite Castoriadis à propos de l’individu indique à l’inverse l’attitude qui est admise par chaque société hétéronome comme normale, naturelle, et correspond donc à ce qui est attendu de chacun : qu’il accepte sans sourciller l’existence qu’on lui a assigné, qu’il conçoive sans se poser de question le monde tel qu’on le lui représente… En outre, l’aliénation subjective ainsi conçue ne désigne pas l’idée d’une souffrance vécue de l’individu aliéné. Se tenir dans l’hétéronomie n’induit pas pour Castoriadis une traduction en termes de mal-être, ou bien le sentiment lucide d’une diminution de soi et de sa puissance d’agir. S’il est vrai que l’état d’aliénation renvoie bel et bien dans sa perspective à une limitation de nos facultés imaginatives, réflexives, et donc créatrices, pouvant alors s’assimiler à une limitation de notre puissance, cela ne veut pas dire que celle-ci soit vécue comme telle, ou soit nécessairement à l’origine d’une souffrance ou pathologie psychologique à partir de laquelle nous pourrions diagnostiquer le phénomène de l’aliénation elle-même18. L’analyse castoriadienne incite au contraire à penser qu’un individu aliéné l’est véritablement dans la mesure où il s’ignore, voire s’accepte ou se veut tel qu’il est, c’est-à-dire sous l’emprise d’un imaginaire autonomisé. Plus encore, la souffrance psychologique parvenue à l’expression (lorsque par exemple, un chrétien maudira l’existence, ou lorsqu’un travailleur désigne l’exploitation comme une injustice…), si elle représente, implicitement ou non, la dénonciation d’une situation aliénante rapportée à une restriction de ses possibilités d’être ou de sa liberté, elle témoigne aussi et surtout d’une certaine rupture de la clôture de l’imaginaire institué. En d’autres termes, le fait de rapporter l’épreuve d’une souffrance à une situation sociale, le fait de se penser comme aliéné, constitue déjà la position d’un écart non négligeable vis-à-vis d’une hétéronomie complète. Et en ce qu’une telle attitude implique une réflexion et mise en cause concernant les institutions et normes admises, elle signale l’existence de significations sociales qui font scission avec l’hétéronomie instituée19, qui visent manifestement à s’y opposer.

Cette aliénation, cette soumission à un ordre pour lequel tout notre travail doit se limiter à la reproduction de ce qui était déjà, cet état “normal” des individus au sein d’une société hétéronome, n’est pas non plus définit par Castoriadis comme pathologie sociale ou anthropologique. Il n’a pas pour ambition de diagnostiquer un état morbide de l’humanité, une maladie qui affecterait sa vitalité – comme ce fut le cas chez Nietzsche – mais d’élucider la relation qu’entretiennent les humains à leur inconscient, leur sociétés et imaginaires, et qui lui apparaît alors comme hétéronome dans la plupart des cas. L’hétéronomie ne peut en effet être ici comprise comme une pathologie en un sens rigoureux, car cette dernière fait tacitement référence à une norme, et qu’il semble impossible de dégager une pareille norme lorsque l’on étudie la diversité irréductible des sociétés. Plus encore, toute tentative de dégager une telle norme, équivaut à chercher à clôturer le problème du sens que l’on confère à nos existences, et s’amalgame donc à une aliénation du sujet vis-à-vis de son imaginaire, ici en ce que le discours du sujet se veut discours d’un (“Grand”) Autre, refuse de s’assumer comme sien et par suite quête le socle qui fondera ses significations comme véritables. C’est de cette façon qu’un philosophe peut, ainsi que nous l’avons observé antérieurement, « s’aliéner » à sa propre philosophie – quand bien même la philosophie constitue une rupture dans l’ordre de l’hétéronomie en tant que problématisation du sens, et malgré le fait qu’elle ne semble pouvoir s’aliéner en elle-même, c’est-à-dire que ne s’interrompe ce mouvement de reprise incessante de la question de la valeur de nos idées et pratiques par les philosophes au cours de l’histoire20.

L’aliénation ainsi présentée n’est donc ni un concept marxiste, ni freudien, ni d’ailleurs freudo-marxiste. En effet, lorsque Castoriadis déclare que ni le phantasme ni le désir ne sont éliminable du sujet humain, ce n’est pas pour valoriser tout désir comme porteur de la réalisation et de l’émancipation du sujet, puisque comme nous l’avons vu, il n’y a individu que pour autant qu’il y a réorientation du désir vers des “objets” communs, et donc il n’y a généralement expression de désirs des individus qu’en tant que désirs portés vers des “objets” socialement investis de signification. Or, cela mène à la conclusion qu’appeler aliénation toutes entraves ou fabrications de désirs par la société n’a pas de sens dans notre optique, attendue qu’il s’agit là d’une condition inhérente à l’existence de sujets humains.

La conceptualisation castoriadienne de l’hétéronomie individuelle et sociale représente donc une tentative d’élucidation de l’aliénation comme clôture et autonomisation de l’imaginaire, et par suite de l’institution de la société, qui engendrera à son tour des individus clos. Elle se démarque d’une théorie essentialiste ou idéaliste en ce qu’elle n’affirme pas que ce soit une identité humaine qui est aliénée, mais la manière dont s’institue l’identité humaine, individuelle et collective. En cela, et dans la posture consistant à ne désigner par aliénation rien qui ne dépende de la condition humaine telle que nous pouvons l’observer, elle vise à proposer une critique qui lui permettra ensuite de dégager des principes concernant l’institution autonome de la société qui n’éludent pas les difficultés, pouvant paraître insurmontables, concernant les conditions de leurs mises en pratiques. Le nœud du problème se situe alors dans la circularité apparemment sans fin de l’hétéronomie de la société produisant des individus hétéronomes, qui donc reproduisent et actualisent l’hétéronomie de la société… Cependant, le problème de la rupture de ce cercle n’en est véritablement un uniquement dans la mesure où l’on cherche des causes explicatives rigoureuses à ce qui est émergence, création, apparition de nouveautés radicalement nouvelles. Or, pour ce genre d’approche théorique, toute transformation historique est soit inconcevable, soit réductible à un ensemble de causes, déterminées à posteriori, mais considérées comme causes nécessaires et suffisantes pour rendre raison de ce qui s’est passé comme effets prévisibles en droit des dynamiques alors en jeu. En ce cas, l’aliénation ne peut-être qu’un phénomène “normal”, nécessaire, et si elle doit être dépassée, ce sera selon la même nécessité, historique ou autre. Castoriadis défend tout au contraire, l’idée qu’il n’y a aucune nécessité ni à une révolution instaurant l’autonomie, ni à l’hétéronomie, collective ou individuelle. Pas même du fait du cercle fermé que constitue l’hétéronomie, non pas seulement parce que l’altération des significations sociales est inéluctable, mais aussi parce que cette hétéronomie a déjà été en partie rompue, ce dont atteste la possibilité et l’existence de sa critique et de la visée d’autonomie.

Néanmoins, l’émergence de l’autonomie comme signification imaginaire sociale, qui a eu lieu selon lui une première fois en Grèce avec l’apparition conjointe de la philosophie et de la démocratie, et ensuite en Occident par la remise en cause des croyances et institutions religieuses établies, ne signifie pas à ses yeux que le capitalisme et la démocratie représentative forment une société non aliénée. C’est à l’inverse un diagnostic sévère qu’il dresse contre l’imaginaire central qu’il décèle à notre modernité – la vision économique et les structures bureaucratiques et hiérarchiques qui dominent et organisent les rapports sociaux et le pouvoir politique résultent peut-être d’une démystification à de nombreux égards, et portent certainement en elles les germes de leurs propres critiques justement en ce qu’elles s’originent dans le mouvement d’investigation de nos représentations du monde et de la société, mais elles ne participent pas moins à l’institution hétéronome de la société et de l’individu.

Notes et références

1 Les carrefours … t.5, p.314

2La transgression des normes instituées reste toujours selon Castoriadis inéliminable, comme incluse par l’institution des interdits, qui sont institués justement parce-que trangressibles

3 Les carrefours… t.4, p.193

4 Volonté et choix  impliquent et supposent selon Castoriadis l’investissement et l’exercice de la réflexivité, qui ne peut être elle-même que remise en cause du sens “déjà là”, en vue de sa critique (non nécessairement négative), de son altération lucide ou de la position de nouvelles significations. Ce qui ne veut pas dire position d’un nouvel absolu, puisque cela revient de nouveau à clôturer la réflexion, soit en l’interrompant, soit en postulant une méthode voire une fin à ce qui est alors conçue comme son “développement”, son “déploiement” ou son “progrès”. Voire notamment « Porté ontologique de l’histoire des sciences » in Les carrefours du labyrinthe, t.2, ,

5 Nous traiterons expressément de la réflexion et la volonté que Castoriadis attribue comme possibilité du sujet humain dans notre partie consacrée à l’autonomie (Master 2)

6 A propos des liens entre langages, significations et représentations, se référer à la partie 5 de L’institution….

7 L’institution, p.151-158. Castoriadis faisant explicitement référence à Jacques Lacan, citant : « L’inconscient, c’est le discours de l’Autre », auteur qu’il critique par ailleurs de manière tranchée.

8 Ibid. p.151

9 Ibid.

10 S. Haber,  L’aliénation…,

11 L’institution,

12 Sur la psychanalyse et la manière dont Castoriadis cherche à élucider la finalité d’une cure, voir notamment : La psychanalyse : situation et limites, in Les carrefours… t.6,

13 Sa traduction diffère, ainsi qu’il le note lui-même, d’autres traductions proposées, telle celle de Lacan : « Là où fut ça, il me faut advenir » (La psychanalyse, n°3, PUF, 1957, p.76 ; cité par Castoriadis, dans L’institution, p.150

14 …et qui, si cela était possible, ne renverrait plus ni à un sujet humain, ni à l’être créatif que nous avons décrit précédemment, en tant que cette créativité s’appuyait sur l’imaginaire radical dont l’un des aspects principaux est de ne pas être réductible à l’ordre de la stricte déterminité.

15 L’institution, p.155

16 Ibid. p.154

17 Ibid.

18 C’est la perspective que semble adopter Stéphane Haber, dans L’aliénation, vie sociale et expérience de la dépossession, PUF, 2007 ; dont le titre indique déjà cette orientation. Il affirmera ainsi que « la première intuition marxienne [qui] contre le modèle de l’objectivation [consiste à comprendre] comme aliénation de soi et perte de la puissance d’agir individuelle, se traduisant par la souffrance et la limitation de soi, était la bonne » (souligné par moi)

19 Ce qui revient à dire que le concept d’aliénation implique, de par son existence même, que celle-ci ne peut être pensée comme s’imposant toujours globalement aux individus sans leurs laisser la moindre marge de réflexion et de remise en cause, puisqu’alors il serait impossible pour nous de nommer et conceptualiser l’hétéronomie dans une perspective de transformation radicale de la société…

20 Sur le lien entre philosophie et autonomie, voir par exemple « La polis grecque et la création de la démocratie », in Les carrefours …, t.2, p.353-354. Nous développerons ce thème dans la troisième partie de ce mémoire (qui constituera le travail de M2)

Cet article appartient à la seconde partie de la série « Introduction à la pensée de C. Castoriadis ». Cette partie, « L’aliénation : hétéronomie individuelle et collective », comporte les articles :

Sur la dimension hétéronomie du capitalisme

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